Mouvements et luttes estudiantins au Burkina
Introduction :
Saluons le devoir de mémoire
Parce que je suis un ancien Secrétaire général de l’Association des étudiants voltaïques de Ouagadougou (1973), vice-président aux Affaires sociales de l’Association des étudiants voltaïques en France (AEVF) et de l’Union générale des étudiants voltaïques (UGEV), chacun comprendra aisément que les analyses de Zoodnoma Kafando sur les rapports entre les gouvernements des 1er, 2e et 3e Républiques et l’UGEV m’interpellent. Donc, tout en appréciant très positivement les efforts de « Z.K. » pour contribuer à la constitution et au renforcement de notre mémoire politique nationale, au service des générations montantes qui manquent cruellement de repères et de connaissances à ce niveau, il me faut aussi l’encourager par ma petite part de contribution.
I. Sur les « quelques rappels historiques »
La chronologie des faits est juste. Elle montre que toute la famille politique de la « gauche révolutionnaire » du Burkina Faso (ex-Haute-Volta) doit son existence au Parti africain de l’indépendance (P.A.I.), qui en est le « parti-père », auquel elle doit respect et considération, quel que soit le jugement que chacun peut porter sur la situation que vit le P.A.I. aujourd’hui. C’est ce parti qui a littéralement « libéré » le mouvement étudiant des griffes idéologiques et politiques du réformisme démocrate chrétien pro-français du Mouvement de libération nationale (MLN) du Pr Joseph Ki-Zerbo en août 1971, au cinquième congrès de l’UGEV.
C’est cette première libération idéologique, culturelle et politique qui a ouvert les esprits des étudiants militants de toutes les sections, en les invitant à étudier l’histoire de toutes les révolutions passées et en cours dans tous les pays pour se former et être des cadres « techniquement compétents et politiquement conscients ». L’appel du Ve congrès de l’Union générale des étudiants voltaïques reste d’actualité même aujourd’hui en 2008, puisqu’il invite les militants à « s’intégrer aux masses ouvrières et paysannes :