Africa Renaissance

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Consultation divine

CONSULTATION DIVINE

au Tribunal de Maât

 

Un jour, il plut à Dieu de convoquer en assemblée plénière, tous les peuples de la Terre…

Y vinrent, les peuples du Sud de la Terre à la peau rouge, les peuples de l’Est de la Terre à la peau jaune, les peuples de l’Ouest de la Terre à la peau blanche et les peuples du Nord de la Terre à la peau noire… A tous ces peuples réunis, Dieu tint ce langage :

« Mes enfants, mes bien-aimés, je vous ai créés et je vous ai insufflé la vie…Je vous ai créés et je vous ai tant aimés que je vous ai donné l’Intelligence, mon Intelligence, cette Intelligence qui vous distingue de tout ce que j’ai créé… Je voudrais aujourd’hui que vous me montriez ce que vous avez fait de cet inestimable don que je vous ai offert… »

A ces propos, le Représentant des peuples du Sud de la Terre s’avance et dit ceci :

« Louange à toi Père,

Du don que tu nous as fait, nous avons pensé d’abord et avant tout à te célébrer et dans ce but, voici l’œuvre que nous avons commise en Ton Saint Nom… »

Et joignant le geste à la parole, il pose aux pieds de Dieu au nom de sa Race, le livre des mutations et une statue de Buddha, émissaire de Dieu au ventre replet et à la mine réjouie… et il se retire, digne…

 

Ensuite s’avance le représentant des peuples de l’Ouest qui, dans un discours fleuri, loue le Seigneur en ces termes :

« Gloire à Toi Dieu des dieux,

Toi l’Unique, Toi l’Eternel,

Toi le Saint des Saints,

Toi dont le fils vainquit la mort,

Je te salue ! 

Pour magnifier Ta Gloire, nos prophètes sous la direction éclairée de Ton fils n’ont pas fait moins que rendre manifeste Ta Puissance en produisant l’œuvre des œuvres que voici. »

 Et à ces mots, il dépose aux pieds de Dieu la Bible des élus et une statue de Jésus Christ, fils crucifié de Dieu, à la mine grave et au flanc percé… et il se retire, satisfait…

 

Après lui vient le représentant des peuples de l’Est qui tient ce langage au Créateur :

« Seigneur, Notre Père, Toi qui règnes sur la Terre comme au Ciel, Toi qui n’oublies ni le pauvre ni le mendiant, ni l’aveugle, ni l’estropié, Toi qui es Magnanime dans Ta Bonté et Rigoureux dans Ta Colère, je Te salue ! Béni soit ton Nom !

Pour notre part, et à l’instar de nos prédécesseurs à ce pupitre, nous avons senti l’impérieuse nécessité de louer ton illustre Nom et Tes Hauts Faits. Pour ce faire, nous avons employé notre intelligence, ce don de Ta Grâce, à soumettre la Terre entière à Ta Volonté. Tout ce qui marche, rampe ou vol, nous l’avons amené, de gré ou de force, à se prosterner et à s’humilier en Ton Nom… Pour accomplir cette Œuvre, nous avons rédigé l’Œuvre Ultime selon les révélations que Tu as faites à Ton fidèle et bienheureux envoyé, que Ta Paix soit sur lui à tout jamais !»

Et là-dessus, sur ces paroles, il dépose aux pieds de Dieu, Le Coran des fidèles et souligne, comme par rappel après une légère hésitation :

« Mais Seigneur, pour ne faire aucune insulte à Ta Face qui nous est resté éternellement cachée, nous n’avons fait aucune image de Toi… » Et il se retire, fier…

 

Enfin, et en dernière position, s’avance le représentant des peuples du Nord de la Terre qui d’emblée, ne sait d’abord s’il doit s’accroupir ou s’agenouiller ou se prosterner comme l’ont fait ses prédécesseurs… Hésitant entre toutes ces postures, il finit par se jeter par terre de tout son long… C’est donc ainsi étendu dans la poussière qu’il s’adresse au Créateur :

« Père, Oh Père,

Bénissez moi car j’ai été tous les dimanches à la messe ; j’ai été tous les vendredis à la mosquée ; j’ai été tous les jours au temple ; j’ai jeûné, prié, sacrifié le dindon à la Pâque, le mouton à la Tabaski, le tigre à l’An du dragon… »

… Dieu écoute, et prenant pitié pour ce fils qui semble-t-il était tombé dans une totale confusion d’esprit, le relève pour l’aider à reprendre ses esprits autant que pour mettre fin à son calvaire et lui rappelle la question fondamentale…

« Mon fils bien aimé, qu’as-tu fait de l’intelligence que je t’ai donnée ? »

Et ce représentant, dans un geste de somnambule ramasse machinalement les trois livres posés au pied du Trône Divin…

Dieu ému, les lui retire des mains très gentiment mais très fermement comme on le fait avec un malade mental, un aliéné, et lui commande de se retirer pour méditer à la question…

Mais, prostré, le représentant des peuples du Nord, en pleine crise et en plein délire psalmodie des paroles incohérentes de pitié et de pardon que Dieu accepte avec patience et bienveillance… Et les minutes s’égrènent dans une atmosphère de désespoir et de désolation quand soudain, par un sursaut de mémoire inconsciente, ce représentant éructe les devises d’une doctrine ancienne, ancestrale, antique, revenues du tréfonds de sa mémoire…

« Les morts ne sont pas morts ;

Ils sont dans le vent…

Ils sont dans le feu… »

Et sa mémoire fait comme une fixation statique, répétant à l’infini ce triplet…

Alors, Dieu sourit de ce miracle… Le fils prodige, venait de retrouver sa mémoire et quand bien même il ne pouvait offrir en témoignage de son Œuvre propre le Livre qu’il citait, en l’occurrence Le Livre des morts, Dieu avait enfin la certitude que tous ses enfants seraient libres et heureux désormais et il renvoya tout le monde à ses quartiers…

 

« Aegyptus »

Pr Jean Magloire SOME

(codexjms@yahoo.fr)



11/11/2011
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