Africa Renaissance

Africa Renaissance

L'Afrique en recolonisation

L’Afrique en recolonisation. 

Depuis l’apparition des hommes qui n’ont qu’une seule origine africaine, ceux-ci ne sont jamais restés statiques. C’est en se déplaçant qu’ils ont peuplé la terre et l’ont remplie. La conséquence logique de cette réalité, c’est qu’en se multipliant, ils se sont différenciés, aussi bien du point de vue racial que culturel. Cependant, comme les rencontres n’ont jamais cessé, ils ont alors commencé à emprunté les uns aux autres. Souvent de manière pacifique, mais aussi parfois par les impositions dues aux guerres. Des vainqueurs ont ainsi imposé leur culture aux vaincus. Jusqu’ici, il n’y a rien de plus normal. Il importe cependant d’ajouter aussitôt que dans ce domaine, les peuples ainsi différenciés, n’ont pas toujours eu la même vision dans ces échanges et confrontations. Pendant que certains, comme le peuple noir, ont pensé que même dans les guerres, il faut toujours laisser aux vaincus certaines de leurs prérogatives : terres et pays, choix dans les échanges culturels, religions, etc., d’autres, comme les peuples eurasiatiques, ont en revanche toujours estimé que les vaincus n’avaient plus aucun droit. Ainsi, les vainqueurs ont tous les droits et les vaincus presqu’aucun si ce n’est faire les quatre volontés du maître ! Ces façons de voir n’ont pas véritablement évolué à travers les siècles et les millénaires. C’est dans cet esprit qu’il convient de comprendre les derniers développements politiques et sociaux que certains peuples subissent depuis peu, sur le continent noir !

Cela se passe sous nos yeux. C’est donc au nom de la liberté de l’homme et au nom de la démocratie occidentales, que les Africains servent à nouveau  comme chair à canon ! C’est au nom de ces deux notions idéologiques que des Libyens, des Ivoiriens et d’autres Africains à travers le continent noir meurent chaque jour, sous les lumières des télévisions internationales et en direct ! L’Afrique, de nouveau, n’a pas sa destinée en main. L’a-t-elle jamais eue, depuis la perte de sa souveraineté qui date de si longtemps ? Les illusions des années 1960, sont bien terminées. Aujourd’hui, il est permis de se demander, si un pays dans le monde, a le droit de ne pas vouloir de la démocratie, des droits de l’homme à l’occidentale ? Est-on libre de pouvoir choisir le mode politique sous lequel on a envie de vivre ? Si cela pourrait sembler naturel pour n’importe quel pays européen, nous est-il à nous aussi, qui ne faisons pas partie de la grande et noble « Communauté Internationale », de l’envisager ?

La réponse à toutes ces questions posent un problème déontologique et moral d’une portée insoupçonnée. Il semble évident que sous tous les cieux, la liberté soit meilleure que l’esclavage. De cela, nul ne peut raisonnablement douter. C’est le contenu qu’on y met qui pose problème. Et cela a une portée colossale. Peut-on raisonnablement penser que ces notions de liberté et de démocratie sous tous les cieux, aient le même contenu, la même manière de s’exprimer ? De même, des peuples  qui pensent par exemple que le mariage des pédés et des lesbiennes est une bêtise impossible à accepter dans une « société civilisée », ont-ils aussi leur place sur la terre de Dieu à l’heure de Nicolas Sarkosy et de Barack Obama ? Des gens qui préfèrent la polygamie aux mariages ci-dessus mentionnés, peuvent-ils être libres de vivre cette aspiration dans la société humaine ?

Qu’on ne s’y trompe pas. Toutes les guerres qu’on impose aux peuples faibles, comme ceux d’Afrique aujourd’hui, obligés qu’ils sont, d’affronter des armes dont ils ne soupçonnent même pas l’existence, ces guerres disons-nous, ne sont nullement fortuites. Les velléités de recolonisation afin d’assurer la mainmise sur nos ressources de tous genres, sont les raisons cachées de toutes ces manœuvres. La liberté et la démocratie à l’occidentale ne sont nullement des objectifs viables pour nous, en tout cas pas imposées au bout de la baïonnette ! Seuls les faibles d’esprit ne le comprennent pas encore. S’il existe un chemin pour gérer nos Etats et s’il existe une notion de liberté qui puissent nous être utiles, ce seront ceux que nous extrairons nous-mêmes des tréfonds de notre civilisation et de notre culture ! C’est Cheikh Anta Diop qui a soutenu depuis les années 1960 que : « La sécurité précède le développement » ! Quand le comprendrons-nous enfin ? Quand comprendrons-nous que seule une Afrique unie a une chance raisonnable de résister à la nouvelle colonisation qui se déroule sous nos yeux ?


Cheikh Anta Diop : Antériorité des civilisations nègres, mythe ou vérité historique ? Présence Africaine. Paris. 1967.




07/04/2011
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