Africa Renaissance

Africa Renaissance

Mugabe et Khadafi vus par l'Occident

Khadafi comme Mugabé ?

jeudi 6 mai 2004

Introduction

Un de mes amis et un ami du Burkina, le Professeur Adotévi Stanislas m'a souvent répété un constat en apparence extrémiste mais en réalité, très juste : les élites et les intellectuels africains n'adorent sans réserve que les héros morts. Martin Luther King, Patrice Lumumba, Kwamé N'Krumah, Thomas Sankara, etc., n'ont jamais été adorés à 100 % qu'une fois morts et bien morts. Les médias américains et européens qui les taxaient de "suppôts du communisme soviétique" en Afrique se mettent à les transformer en "héros inoffensifs" puisque morts. Nous avons même vu des officiers belges à T.V.5 qui décrivaient comment Patrice Lumumba a été découpé en morceaux sur leurs ordres et plongé dans des barriques (fûts de 200 litres) remplis d'acide, pour qu'il n'en reste même pas un morceau. Un des assassins a dit avoir gardé une dent du héros en souvenir. Aucun tribunal, ni aucune ONG des droits de l'homme ne les poursuivra. Et même si cela se passait, ils ont les moyens de s'acheter de très bons avocats et se voir acquittés. C'est démocratique et libéral ! Et pourtant, il nous faut des héros vivants pour avancer, dans les sentiers creusés par nos héros morts, sans suivisme naïf des schémas venus du dehors. Les "cas Mugabé et Khadafi" méritent l'analyse et la réflexion critique, au regard des multiples éclairages idéologiquement suspects dont ils sont l'objet de nos jours de la part des "faiseurs d'opinion, spécialistes de l'Afrique" et autres télévisions "neutres" du Nord. Eux, ils sont des leaders encore vivants. Dictateurs fous, héros controversés ou faux héros, nous avons suffisamment de faits pour apprécier par nous-mêmes.

1. Au Zimbabwe, seuls les Blancs peuvent

Le président Robert Mugabe

Le très respectable journal "Le monde diplomatique" d'août 2003, publie un article (page 6/7) de Doris Lessing intitulé : "Pleure, ô Zimbabwe bien aimé"., C'est un pamphlet intelligemment raciste qui se cache derrière le titre du prix Nobel (1960) Sud Africain, Albert John Luthuli (1898-1967) et son roman, "Cry my beloved country" ou "Pleure, ô ma patrie bien aimée ! ". Cet écrit est une attaque en règle contre le droit à la récupération légitime des terres arrachées violemment aux Noirs zimbabwéens par les colons européens, sous le prétexte fallacieux que les "formes" et les "apparences" ne sont pas respectées. Le problème de fond reste : les colons ont tué, pillé, violé et dépossédé les "natives"(indigènes noirs) pour les transformer en ouvriers agricoles sur les terres de leurs ancêtres, devenues des "fermes modernes, productives et compétitives" sur le marché européen. C'est pour récupérer ce bien sacré (la terre des ancêtres) que les Zimbabwéens ont pris les armes de 1960 à 1979, sous la conduite de Robert Mugabé et Joshua Nkomo, respectivement leaders de la ZANU (1) et de la ZAPU(2). lan Smith alors premier ministre du gouvernement raciste blanc de Rhodésie du Sud (actuel Zimbabwe) n'a pas hésité à arrêter et emprisonner Robert Mugabé pendant dix (10) ans sous l'accusation encore à la mode, de " terrorisme". "L'écrivain britannique", Doris Lessing déverse sa nostalgie réactionnaire en ces termes : "L'ancienne Rhodésie du Sud avait un superbe réseau de chemin de fer, de bonnes routes. Ses villes étaient policées et propres. On y cultivait de tout.." le maïs poussait en abondance et nourrissait même les pays limitrophes.. On y trouvait toutes sortes de minerais : or, chrome, amiante, platine et de riches gisements de houille. Le barrage du Zambèze avait permis la création du lac Kariba et apporté l'électricité au Nord et au Sud. Un vrai paradis, pour les Blancs,.. Quand les Noirs se sont révoltés et ont gagné leur guerre, ils se sont retrouvés avec des richesses et des compétences comme il n'en existait nulle part ailleurs en Afrique... Aujourd'hui, tout cela part à vau-l'eau... Il faut dire un mot des fermiers blancs qui étaient d'excellents agriculteurs, inventifs capables de tout réparer même lorsque Mugabé ne permit plus l'importation de pièces détachées, de fournitures ou d'essence en quantité suffisante. Visiter une ferme blanche, c'était se faire accueillir par des gens débrouillards... Maintenant que l'expulsion des fermiers blancs est presque achevée... Beaucoup de pauvres noirs, installés sur les terres des Blancs, ont été à leur tour expulsés par la nouvelle bourgeoisie. Une partie de l'élite noire s'est appropriée les fermes sans aucune volonté de cultiver la terre. Ceux qui restent ne peuvent cultiver le maïs, les citrouilles ou le colza sur leur lopin qu'à condition qu'il pleuve, car la sécheresse est revenue. Ils travaillent la terre sans machines, parfois, même sans outils... Ils n'ont désormais aucune chance d'inscrire leurs enfants à l'école parce que celle-ci coûte un prix inabordable... Si ces familles parviennent à rester sur leurs terres, dans ce Zimbabwe si riche et si fertile, elles seront aussi pauvres que tous les autres paysans du monde vivant d'une agriculture de subsistance... Désormais, on meurt de faim dans ce pays". Chacun l'aura compris, les Blancs s'en vont, le Zimbabwe se meurt. Les mines disparaissent, et même le ciel se fâche et refuse d'arroser le sol avec la pluie. Pour le bonheur des pauvres noirs, il faut le "savoir", le "pouvoir" et "l'avoir" des Blancs. C'est dans cette logique et dans cette idéologie que l'on veut maintenir l'Afrique et les Africains. Sans "le Blanc" "le Noir" ne peut pas se développer. Il me souvient avoir entendu feu le président Houphouët Boigny affirmer la même "vérité" péremptoirement aux autres chefs d'Etat des pays membres de la compagnie multinationale "Air Afrique" à Lomé en 1986 : "Un Noir ne peut pas diriger Air Afrique. Il faut me laisser demander à mes amis français un cadre valable pour redresser cette compagnie" ! C'était lors d'un sommet et j'y étais en tant que ministre des Relations extérieures et de la Coopération aux côtés du président Thomas Sankara. Il a été le seul président à répliquer vertement au "vieux sage" que : "Ethiopian Air Lines est dirigée par un Africain et la compagnie marche très bien. L'actuel Directeur général d'Air Afrique (le Congolais Auxense Ikonga) peut redresser la compagnie avec le plan qu'il nous propose. Mais il faut que vous lui laissiez le pouvoir de décider seul et de répondre seul. Si vous continuez à louer les avions pour vos ananas et bananes sans payer, à voyager sans payer, à lui imposer d'employer vos anciens ministres, ça ne peut pas marcher !". Le président Eyadema du Togo qui présidait le Sommet y a mis fin en concluant : "Le doyen a trouvé la solution, nous allons lui demander de nous trouver un Français pour diriger et redresser la compagnie " !. La suite tout le monde la connaît. Yves Roland Billecart, ancien Directeur général de la Caisse française de coopération deviendra le "sorcier blanc" chargé de sauver Air Afrique. Dans la logique de la défense de ses intérêts, de ceux de son pays (la France) et de l'Europe en pleine intégration pour créer l'Union européenne, le Français Billecart a sauvé les intérêts de son pays et tué Air Afrique. Aujourd'hui, c'est Air France qui occupe seul l'espace aérien. Air Afrique n'existe plus. Le gouvernement tchadien qui a tenté de créer une "mini Air-Afrique" a été vite rappelé à l'ordre par "Air France" selon le dernier Jeune Afrique/L'Intelligent n° 2259 du 25 avril au 1 er mai 2004, Page 10. Comment peut-on encore continuer aujourd'hui à croire qu'un pays (la France) a reçu la mission divine de "développer d'autres pays" à son détriment ? Robert Mugabe n'est pas le meilleur chef d'Etat de l'Afrique. Il n'est pas le plus médiocre, ni le plus fou du pouvoir. Si à 83 ans, il est enfin arrivé à restituer la terre de sa patrie à ses sœurs, ses frères, ses enfants et ses petits-enfants, il a vécu une vie utile à l'Afrique. Car chez nous, le socle des communautés humaines, les valeurs de base les plus sacrées ce sont entre autres le sol et le sang, qui n'ont pas de prix. L'argent et les richesses matérielles sont des valeurs "ondoyantes et diverses" au gré des marchés, des bourses de valeurs, etc. Si les paysans et la nouvelle bourgeoisie noire du Zimbabwe choisissent de se contenter de vivre de cueillette et de chasse sur leurs terres, c'est leur droit le plus absolu. Il y a encore des pygmées dans les forêts du Cameroun et du Gabon qui refusent d'en sortir, tout comme les Dogons dans leurs grottes des falaises de Bandiagara au Mali. Ils sont chez eux et ils en ont le droit. Ils sont des citoyens camerounais, gabonais et maliens comme tous les autres. Ils sont libres de vouloir rester comme ils sont jusqu'au jour où ils décideront de "se faire civiliser" selon leurs normes de "la modernité" ou de la mondialisation. Nul n'a le droit de vouloir les contraindre par la force des armes (comme au Zimbabwe du temps de la Rhodésie du Sud créée par les Blancs) à se soumettre servilement à ses critères et à ses valeurs de civilisation, sous le prétexte de les "développer". Madame Doris Lessing a le droit de les plaindre. Elle n'a pas le devoir de leur imposer "le retour à l'ère de la colonisation blanche". Ce qu'elle appelle "révolte des noirs" a été une guerre de libération du peuple noir zimbabwéen en armes pour récupérer en toute légitimité la terre de ses ancêtres, confisquée par la force des armes des colons blancs. Mais elle ne peut pas comprendre que la prétendue "mission de civilisation de l'Afrique par les colons blancs" n'a jamais été acceptée par ceux qui l'ont subie en Afrique. L'Europe peut proposer ses valeurs en partage. Les Africains restent libres de choisir d'accepter ou de refuser. Dans le cas d'espèce, les Zimbabwéens refusent le "paradis" des colons blancs.

II. Khadafi le "terroriste" capturé ?

Le guide de la Révolution lybienne

Le Guide libyen a fait ce qu'il a pu pour contribuer à l'Union arabe, comme à l'Union africaine. Il a aidé financièrement de nombreux pays africains (y compris le mien) et il continue à le faire. A l'intérieur des frontières de la Libye, tout visiteur peut admirer les progrès économiques et sociaux en faveur de tous les citoyens. L'eau, l'électricité, le logement, l'école et la santé sont gratuits. Nul n'achète une miche de pain. C'est gratuit. Khadafi peut se vanter d'être le seul président africain qui a réalisé une "rivière artificielle" de quatre mille (4 000) kilomètres, avec des buses en béton (4 m x 4 m) pour alimenter tout son peuple en eau minérale potable, et surtout "gratuite". Mais ces aspects n'ont aucune importance aux yeux des médias aux ordres des "grandes puissances" chargées par le Dieu Argent de juger et punir les "Etats voyous" et les "Etats terroristes" à leurs seuls yeux et selon leurs seules valeurs érigées en "normes universelles incontestables". Il m'a été donné l'occasion de visiter le domicile de Khadafi, bombardée par l'aviation nord-américaine en 1986, et voir le lit traversé par un missile, tuant sa fille qui y dormait comme tous les enfants du monde, sans aucune conscience d'être une terroriste. Sans remonter en surface, toutes les autres tentatives secrètes de déstabiliser et renverser "l'imprévisible" et le "dangereux Khadafi", il faut au moins reconnaître que c'est son intelligence politique, liée à sa "Baraka", qui ont permis l'élan de solidarité de l'OUA lors du sommet de Ouagadougou. l'embargo aérien levé de façon unilatérale par les chefs d'Etats africains à Ouagadougou a été concrètement inauguré par l'hôte du Sommet, Blaise Compaoré qui a pris son avion pour Tripoli. C'est suite à cette salutaire et courageuse décision politique souveraine et unitaire que l'ONU et l'Union européenne ont suivi. Pour une fois que l'Afrique a osé parler d'une seule voix, elle a gagné. Combien de fois, l'Afrique a-t-elle laissé passer des occasions en or pour peser sur la décision de la "communauté internationale" en sa faveur ? Le décompte est impossible. Aujourd'hui, aucune des télévisions et autres médias occidentaux ne fait de rappel historique pour montrer le rôle de l'OUA dans le retour de Khadafi au sein des dirigeants "fréquentables". Partout, à Rome, Paris, Bruxelles, Londres ou Washington c'est de pétrole, de marchés et d'investissements en Libye que les "informateurs idéologiquement et politiquement inodores et incolores", parlent et dissertent, depuis les premières visites de hautes personnalités européennes à Tripoli et Syrte jusqu'à la visite de Khadafi au siège de l'Union européenne le 27 avril 2004. Mais tout voyage du même dirigeant Khadafi dans n'importe quel pays au sud du Sahara est suspecté, dénigré et taxé d'être un acte de "l'expansionnisme" pour ne pas dire "l'impérialisme" libyen. Khadafi est-il parti à la conquête de l'Europe depuis Bruxelles, oui ou non ? Qui peut oser répondre ? Il faut attendre les analyses et les commentaires des "spécialistes" et des "experts occidentaux" avant d'oser s'aventurer dans cette zone à hauts risques de la réflexion critique. Pense-t-on, quand on accepte passivement depuis un siècle d'être présents sur la scène mondiale sous la forme de cinquante trois (53) pièces détachées appelés "Etats souverains" ne pouvant disposer que de la puissance de s'opposer les uns aux autres sur un seul et même continent ? Le Libyen Khadafi aura eu le mérite historique et l'humilité politique de confesser publiquement à Syrte, le 09/09/99 qu'il n'a rien inventé sinon qu'il a pris la peine de lire "L'Afrique doit s'unir", le livre visionnaire du Docteur en Sciences économiques, Kwamé N'Krumah, président du premier pays colonisé en Afrique de l'Ouest qui a accédé à l'indépendance politique en 1957. En plus, il a réalisé que les textes fondateurs de l'OUA (1963) et le traité de Lagos sur la Communauté économique africaine (1991) n'attendaient rien d'autre que d'être expérimentés véritablement. L'Afrique officielle peut-elle continuer à "se méfier", à "craindre" le même Khadafi ? En faisant confiance à qui ? Nous avons tous vu Romano Prodi, président de l'Union européenne embrasser chaudement "le Guide" a l'aéroport de Bruxelles le 27 avril 2004. La sagesse légendaire des moose dit que "même l'aveugle qui caresse un taureau, s'il ne sait pas qu'il s'agit d'un taureau, il sait que c'est une viande qui peut faire une très bonne sauce". Il suffit de lire "L'Eldorado libyen" de Ridha Kefi (JA/L'Intelligent n° 2259 du 25 avril au 1 er mai 2004, page 36). Au-delà des accusations injustifiables et injustifiées à nos yeux, il y a un effort à faire pour mieux connaître et comprendre ce qui se fait en Libye au profit d'un peuple qui reste ne serait-ce que géographiquement un peuple frère, vivant sur le même continent que nous. A des degrés divers et multiples, nous avons tous besoins les uns des autres. Il nous faut apprendre à nager ensemble ou alors nous allons nous noyer tous, l'un après l'autre. Pour le bonheur de qui ?

Conclusion : savoir se fabriquer des héros

Même des "demi-héros" ou des "quarts de héros" vivants valent mieux que d'avoir un tableau de chasse garni de héros morts et enterrés. De nombreux amis qui ont visité la Guinée/Conakry m'ont raconté que le nom du président Ahmed Sékou Touré s'écrit sur les murs et que sa photo circule au sein des populations. Cela doit faire réfléchir. Que n'a-t-on pas dit et écrit sur le "dictateur sanguinaire" Sékou Touré de la Guinée ? Les peuples peuvent être "galvanisés et chauffés à blanc" contre un dirigeant politique, pendant un temps plus ou moins long. Mais ça ne durera que le temps que ça durera. Nul ne peut haïr au même degré et à la même intensité son prochain, 365 jours de suite. La tension baissera et la raison reprendra le dessus pour "faire la part des choses". C'est selon toute vraisemblance ce qui arrive pour le défunt "sily" Ahmed Sékou Touré. Le peuple a besoin de ses héros pour espérer, lutter et aller de l'avant. Pouvoir suivre des "modèles", des "exemples" positifs est aussi important que l'acquisition du savoir pour vaincre l'ignorance. L'analyse et la compréhension sont des exercices plus difficiles que les jugements, les injures et les caractérisations à l'emporte pièces. C'est sous l'angle de la recherche de "l'épaisseur historique" d'un Robert Mugabé et d'un Khadafi, non réductibles aux seules dimensions de "dictateurs terroristes", dans le contexte actuel de la volonté ouvertement proclamée d'imposer la pensée unique à nos peuples que ces lignes ont été écrites. Ils ne sont ni des dieux ni des diables. Ils ont plus servi leurs peuples qu'ils ne se sont servis eux- mêmes. Ils ont nui à des intérêts extérieurs et opposés aux intérêts de l'Afrique. En cela, ils ne manquent pas de réalisations concrètes, palpables qui peuvent en faire des héros à nos yeux, même partiellement. C'est un devoir d'honnêteté intellectuelle, de justice et de loyauté de refuser de sauter dans "le train" où les "faiseurs d'opinion" de la "Communauté internationale" nous invitent. Tous les présidents ne sont pas de "même père, même mère", ni en Afrique, ni en Europe ni en Amérique. Il faut apprendre à nuancer, découvrir et défendre ce qui est "bon" pour nous et « mauvais » pour les autres. Tous les peuples doivent apprendre à écrire leur propre histoire avec un grand "H ", et refuser farouchement que d'autres leur imposent l'histoire écrite selon leur angle de vision à eux comme le tente Madame Doris Lessing. En cela, il faut prendre exemple sur les savants et historiens africains comme Joseph Ki-Zerbo, Ahmadou Macktar Mbow, Cheick Anta Diop, etc., qui ont réussi en 1999 seulement (avec l'appui financier de Moamar Khadafi encore !) à publier les huit (8) Tomes de l'Histoire Générale de l'Afrique. C'est un trésor pour nous. Nous pouvons lire et savoir d'où nous venons pour mieux comprendre le présent et penser le futur par nous-mêmes et pour nous-mêmes. Dans son style synthétique, profond et imagé propre à lui, le professeur Joseph Ki-Zerbo (2) introduit en ces termes : "L'Afrique a une histoire. Le temps n'est plus où, sur des pans entiers de mappemondes ou de portulans, représentant ce continent alors marginal et serf, la connaissance des savants se résumait dans cette formule lapidaire qui sent un peu son alibi : "Ibis sunt leones . Par là on trouve des lions. Après les lions, on a découvert les mines, si profitables et par la même occasion, les tribus indigènes qui en étaient propriétaires, mais qui furent incorporées elles-mêmes à leurs mines comme propriétés des nations colonisatrices". C'est exactement en sens inverse de ce sens unilatéral et impérialiste de l'histoire résumé par le professeur Joseph Ki-Zerbo que les élites et les décideurs politiques africains doivent s'engager, sans se laisser endormir ou divertir par "les chœurs des pleureuses », qui depuis des siècles n'organisent que des "funérailles pour l' Afrique", comme l'article de Madame Doris Lessing. Si chaque continent pouvait être libre de gérer ses "dictateurs" et ses "démocrates modèles" sans se voir imposer "l'aide humanitaire désintéressée", "les opérations tempête du désert" ou autres "restore hope ", il y aurait plus de paradis que d'enfers en ce bas monde !

Ouagadougou, ce 4 mai 2004

Pr Basile L. GUISSOU Maître de recherche INSS/CNRST 03 BP 7047 Ouagadougou 03

(1) Zimbabwe African National Union (2) Zimbabwe African Peoples Union (2) Cf. Introduction au Tome l de l'Histoire Générale de l'Afrique. Editions UNESCO. Paris.

 



04/07/2008
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