Africa Renaissance

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Reformes éducatives africaines

Les reformes éducatives sont des inepties éducatives en Afrique

Depuis les soi-disant indépendances de l’Afrique noire, les problèmes sociaux ne font que s’alourdir ! Dans l’analyse de cette situation, nous laissons volontairement de côté les aspects politiques que nous savons extrêmement importants. Attardons-nous pour une fois sur l’éducation que l’Afrique « moderne » donne à ses enfants. Si l’on connaît l’importance de cette réalité, nulle autre commentaire ne viendra s’ajouter pour expliquer notre choix.

Dans « L’aventure ambiguë »[1] , la Grande Royale, sœur du chef des Diallobé, pose à peu près la question de fonds, en décidant qu’il fallait envoyer les enfants Diallobé à l’école du Blanc : « En allant à l’école ils apprendront, mais ils oublieront aussi. Ce qu’ils apprendront vaudra-t-il ce qu’ils oublieront ? ». En clair, la Grande Royale était bien consciente qu’envoyer les enfants Diallobé à l’école du Blanc était un pis-aller. L’idéal aurait été de n’être pas obligé de le faire. Mais comme il n’y avait plus ce choix, il fallait être bien conscient des implications de celui-ci.  Cela était donc très clair qu’en d’autres circonstances, cette éducation occidentale n’aurait jamais été une, dont les Diallobé auraient eu besoin pour leur progéniture. L’une des premières choses à entreprendre donc après une quelconque indépendance des Diallobé, aurait été de revenir à l’éducation que cette société avait imaginée depuis toujours, pour ses enfants. En élargissant la chose à l’Afrique entière, les données restent les mêmes, à moins qu’on ne nous démontre l’inanité de cette logique !

Ainsi donc, après les indépendances de l’Afrique noire, il était évident que le problème de l’éducation allait revenir sur la table. Et il y revint ! Et la question d’une réforme s’imposa. Mais, pour reformer l’éducation, il fallait définir au moins son sens. Qu’est-à dire ? Dans toute réforme, il faut la base de laquelle on part, pour aller vers les modifications. Cette base peut être la même que celle choisie par la société, ou être différente. La base est la même, lorsqu’il s’agit d’améliorer les performances en restant toujours dans la même visée fondamentale, la même vision du monde, le même projet de société. C’est le cas par exemple lors des différentes reformes éducatives que la France a opéré et opère tout au long de son histoire. Mais lorsqu’il s’agit de notre cas, il faut savoir si la reforme part de l’éducation imposée par le colon, ou de celle qui était la nôtre, avant l’oukase colonial.

Aussi extraordinaire que cela puisse paraître, l’Afrique postcoloniale ne se posa pas la question de ce choix. Elle continua aussi sereinement qu’audacieusement de poursuivre l’éducation que le colonisateur avait imposée ! Et comme si la bêtise n’était pas suffisante, lorsqu’il s’est imposé la question d’une réforme parce que visiblement on voyait que la mayonnaise ne prenait pas, elle choisit comme base cette éducation coloniale ! Ainsi, au lieu de revenir sur l’éducation qu’avait initié nos ancêtres, et d’y partir pour toute modification éventuelle, on prétendit et l’on prétend toujours, que nous devons partir de celle du colon, à laquelle on ajouterait quelques éléments venant de l’Afrique de nos pères ! Certains ajoutent même la main sur le cœur, qu’on ne peut pas faire autrement parce que soutiennent-ils, nous sommes dans un monde mondialisé où, disent-ils, nos réalités à nous, sont irrémédiablement  à abandonner !

L’Afrique aura-t-elle autre choix que de se débarrasser de tels imposteurs ? L’adage africain le soutient en effet : « Il arrive parfois que de son propre urine surgisse un caïman qui vient vous mordre. ». Quel sort réserver à un tel agresseur ? A chacun de répondre. Pour ma part, la cause est entendue : les intellectuels africains d’aujourd’hui et la classe dirigeante africaine, sont la honte du continent noire !!!  Si le malheur et l’opprobre doivent être sur « le fils qui ne fait mieux que son père ! », suivant le juste mot du président Thomas Sankara, que dire du fils qui ne fait même pas autant ?!!

Bétéo D. NEBIE

(neb_beteo@yahoo.fr)

 



[1] - Cheikh Hamidou Kane : L’aventure ambiguë. Julliard. 1961



11/04/2012
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